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El Mansiet

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El Mensiet : opéra folk en un acte

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El Mensiet est une formidable aventure qui a commencé en décembre 2001 pour poursuivre son chemin pendant quatre saisons durant : Ouverture du Festival International de Hammamet en 2002,Festival International de Carthage la même année, Ouverture des Journées Théâtrales de Carthage en 2003 sans oublier la centaine d’autres festivals et rencontres dans lesquelles s’est produit ce spectacle qui réunit une trentaine d’artistes sur scène et en dehors une dizaine de techniciens assurant le bon déroulement de cette fresque musicale.

Une vingtaine de chants, choisis dans le patrimoine oral de la région du Nord Ouest par l’équipe artistique du Centre National des Arts dramatiques et scéniques du Kef dirigée par Lassaad Ben Abdallah concepteur du spectacle, furent l’argument de cette démarche. Tout d’abord exercices de voix au profit d’une trentaines d’apprentis comédiens ces chants donnèrent  lieu à un grand spectacle ludique pour des performers chevronnés, le processus créatif d’El Mensiet était intiment  liés à un travail de recherche ou mémoire collective et chemin mental individuel du comédien faisait partie de la même équation.

Débutant par des formules introductives ,louanges au prophète Mohamed ,le spectacle se poursuit par deux chants en l’honneur des marabouts « Sidi Boumaklouf » (dont le mausolée se trouvant intra muros  surplombe la ville du Kef) et « El Bahri Boumeftah » dont le mausolée baignant dans un nappe d’eau pendant les grandes crues  se trouve dans la plaine (extra muros )à la sortie de la ville .Au-delà du coté mystique qui donne  un bon augure, ces chants sont une description du lieu ou se déroule l’action des chants à venir ou se déroule les évènements de ces fictions chantées. L’état des lieux se poursuit dans le troisième chant, « El rim mrawgh », par la description des montagnes (du Kef, El Dir,  Jerissa   et Ain Snan) délimitant l’espace et le lieu fictionnel  ou s’entre mêle histoire et déception d’amour ou s’entre déchire les passions les bonheurs et les malheurs des hommes et des femmes. Ces chants nous plantent un décor et  nous donnent à voir des personnages consumant leurs passions dans l’ivresse d’amour et d’alcool : Hamma , Salha , Delila , Fatma , Salouha , Henia ,Traki , Bel Romdhan … articulent les évènements dans la quinzaine de chants qui suit pour aboutir à la transe finale . Les mots dans la bouche de ces personnages sont expressifs c’est un décor du passé qui donne une idée de l’époque ou ces mots sont devenus significations, ludiques et sensuels.  Quant à la conclusion du spectacle elle  se fait dans les deux derniers chants, des chants soufi de la Issaouia : « Sidi Amor » et « Mani oulidek ».

Au-delà  de ces chants de l’oubli ( l’oubli faisant partie intégrante de la mémoire ) et tout en sachant que certains de ces chants furent usés et vidés de leur essence par les chanteurs du mariage et les chanteuses folkloriques, l’intérêt de cette création fut la transgression et la transposition  du folklorique : le situant dans l’ici et le maintenant ,le positionnant dans un repère contemporain afin de donner à ce folklore une forme émergente, nouvelle.

Utilisant comme outil : la confrontation  avec des formes artistiques complètement à l’opposé du folklore ,tel que la danse contemporaine (chorégraphies de Imed Jemaa ) ,donne une nouvelle visibilité au matériau de départ et aboutie à des émotions neuves.

La manipulations du corps par le performer : claquement des doigts, battement  des pieds, rythmes sur la poitrine, travail du bâton mêlés à la tabla au bendir et à la darbouka nous donne un nouveau lexique , une nouvelle épaisseur sémantique de la sonorité et du rythme. La clarinette, le nai, la guasba, et le sifflet constitue la nomenclature des instruments à vent utilisés dans El Mensiet.

L’utilisation des accessoires du théâtre de rue  tel que les échasses et des drapeaux manipulés d’une manière acrobatique au milieu du bkhour agresse notre habitude.

Le dispositif scénique du groupe est à lui tout seul un questionnement par rapport au dispositif des orchestres  folkloriques et orientaux que nous avons habitude a voir sur scène : les comédiens et musiciens de El Mensiet sont disposés en demi-cercle au début du spectacle et l’image se développe tout au long des différents chants. Le mouvement se fait par le déplacement des comédiens et chanteurs dans la géométrie de la scène mais aussi par le costume et ses accessoires : fouta et blousa revues et corrigé se mariant à queue de pie, kholkhal et lunettes noires, s’entre mêlent au tatouage (mémoire du signe ) et harkous  sur les bras et les jambes des femmes.

L’aventure d’El Mensiet continue, c’est un spectacle repère, une balise qui prend déjà date dans l’histoire des arts scéniques de notre pays.


 

Mise à jour le Dimanche, 04 Décembre 2011 21:35